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lagrenouilleverte.com

Mithra ou Mithras

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Résultat de recherche d'images pour "mythologie"

Mithra ou Mithras 

est originellement un dieu indo-iranien, fils d'Anahita. Son culte connut un important développement dans la Rome antique aux iie et iiie siècles de notre ère.

Plusieurs documents hittites attestent son existence dès le IIe millénaire av. J.-C. Il fait l'objet, dans la Perse antique, d'un culte important

 les dieux Mitra et Varuna (Contrat et Serment) forment un couple dans le panthéon indo-iranien.

Ils sont les représentants de la fonction souveraine et à Mitra-Contrat revient la souveraineté juridique, Varuna disposant de la souveraineté magique. Tous deux ont pour fonction de veiller sur la vérité et sur le cours du monde

Mithra, qui s'est créé lui-même à partir de la roche (ce qui explique l'emploi à son sujet de l'adjectif pétrogène), est à la fois primogenitus et autogenitus. Cette scène est représentée sur de nombreuses statues.

D'après un mythe  il féconde lui aussi un rocher.

Suivant des auteurs arméniens (Eznig, Elisée Vartabed), il est né du commerce d'Ahura Mazda avec sa mère. Quelquefois la figure d'un demi-fluvial rappelle que la scène se passe au bord d'un cours d'eau.

La tauroctonie est sans conteste la scène la plus représentée dans les sanctuaires du dieu, qu'il s'agisse de sculptures, de bas-reliefs ou de fresques.

Il semble qu'après avoir chassé le taureau, Mithra l'ait rattrapé et tué. Le sacrifice du taureau serait à l'origine de la vie, le sang de l'animal fertilisant la terre.

 

Le mithraïsme est un culte à mystères.

Le fidèle devait subir une initiation pour être pleinement accepté parmi les plus fervents fidèles. Ce type de culte, contrairement à ce que l'on a longtemps cru, n'est pas d'origine « orientale » mais grecque

Dans le culte de Mithra il existe sept niveaux d'initiation qui peuvent être mis en relation avec les sept planètes de l'astronomie de l'époque (la LuneMercureVénus, le SoleilMarsJupiter et Saturne), selon cet ordre

selon  le décor du mithræum des Sept Sphères à Ostie
La majorité des membres arrivent seulement au quatrième rang (Lion).

Quelques élus seulement accèdent aux rangs supérieurs.
Les niveaux, connus grâce aux textes de 
saint Jérôme semblent confirmés par certains écrits et par la décoration du mithræum de Felicissimus à Ostie

Les initiés portaient chacun un grade bien précis :

  • corbeau (corax),
    • ​​​​​​​ messager du Soleil. 
  • , Cryphius (κρύφιος / Krýphios, « occulte ») :
    • d'autres auteurs interprètent ce rang comme Nymphus fiancé ou jeune marié , époux avec comme attributs le diadème et la lampe de Vénus ;
  • soldat (miles),
    • ​​​​​​​ Attributs : la couronne et l'épée ;
  • lion (leo),

     
    • ​​​​​​​ Dans les rituels, ils présentent à Mithra les offrandes des sacrifices. Leurs attributs sont la pelle pour porter le feu, le sistre, la foudre de Jupiter
  • Perse (Perses),

     
    • ​​​​​​​ Attributs : épée courbe, croissant de lune, étoile ;
  • Héliodrome (Heliodromus)  émissaire du soleil 

    •  Attributs : la torche, le fouet guidant l'attelage du char solaire et la couronne solaire 
  • Père (pater).  

     
    • ​​​​​​​Attributs : le bonnet phrygien, la faucille, le bâton de commandement et l'anneau.

Ces grades sont principalement attestés en Italie, notamment par de nombreuses inscriptions et par la mosaïque du sanctuaire de "Sette Sfere" à Ostie

, ainsi que grâce au témoignage de saint Jérôme.

 

Cette hiérarchie est symptomatique d'une organisation initiatique. Les passages s'accompagnaient probablement de la transmission de notions métaphysiques sous forme ésotérique.
Pendant les rites, les initiés portent des masques d'animaux relatifs à leur niveau d'initiation.
Le sacrifice d'un taureau peut participer à la célébration d'un nouveau niveau d'initiation d'un adepte. Les rites sont exclusivement réservés aux hommes. Les femmes ne sont pas initiées puisqu’elles étaient considérées comme profanes. Après chaque cérémonie religieuse, les initiés étaient conviés à un banquet.

Attributs des niveaux d'initiation et symboles de la planète/divinité associée, mosaïques du mithræum de Felicissimus, à Ostie

Certaines peintures montrent Mithra transportant un rocher sur son dos, comme Atlas dans la mythologie grecque, et/ou vêtu d'une cape dont le côté intérieur représente le ciel étoilé.

Près d'un mithræum proche du Mur d'Hadrien, a été mise au jour une statue de Mithra en bronze sortant d'un anneau zodiacal en forme d'œuf, elle est aujourd'hui conservée à l'Université de Newcastle.
Une inscription trouvée à Rome suggère qu
e Mithra pourrait s'identifier au dieu primordial de l'orphismePhanès, qui surgit de l'œuf cosmique à l'origine du temps, et engendre l'univers.

Cette opinion est renforcée par un bas-relief du Musée d'Este, à Modène, où l'on voit Phanès surgissant d'un œuf, entouré des douze signes du Zodiaque, dans une image très similaire à celle conservée à Newcastle.

Mithra coupe des feuilles et des fruits à un arbre indéterminé ,bas-relief de Neuenheim; bas-relief d'Osterburken

Mithra tire de l'arc contre un rocher, et sa flèche fait jaillir de l'eau (bas-relief de Klagenfurt; bas-relief de Neuenheim. ). Un personnage agenouillé semble recueillir l'eau.

 

Il est debout, armé d'un couteau, la main sur la tête d'un personnage agenouillé qu'il semble menacer. Le plus souvent, l'objet que le dieu tient à la main a une forme indéterminée.

Ailleurs, Mithra semble poser sur la tête de ce personnage une couronne de rayons. C'est une des scènes les plus fréquemment représentées sur les monuments mithriaques. Elle représente peut-être une consécration du Soleil par sacrifice figuré, consécration ayant pour objet de donner au Soleil sa lumière. Le sens de cette représentation, évidemment, n'était plus compris. Elle est toujours accompagnée des scènes suivantes :

 

Le Soleil et Mithra se tiennent debout se serrant la main.

 Mithra et le Soleil prennent ensemble le repas sacré. En général, l'un ou l'autre de ces deux thèmes est choisi. Le dernier est le plus fréquent.

 Mithra est debout sur le char du Soleil, à côté de lui (Mithra = Phaetôn). Dans quelques bas-reliefs, entre la consécration et le repas sacré, est représenté un des épisodes de la chasse du taureau :

Une des images centrales du culte de Mithra est la  tauroctonie , qui représente avec des caractéristiques iconographiques constantes le sacrifice rituel du taureau sacré par Mithra: Mithra apparaît coiffé du bonnet phrygien et regarde sa victime avec compassion ; incliné sur le taureau, il l'égorge avec un couteau de sacrifice ; de la blessure du taureau sort du grain ; 

 Mithra chasse le taureau,

il le prend, le saisit par une corne, monte sur son dos, le porte sur ses épaules, et enfin le sacrifie dans la grotte sacrée. Ce dernier motif est le thème principal de l'iconologie mithriaque. Le dieu, flanqué de deux dadophores qui forment avec lui le triplasios mithras , un genou sur le taureau, lui plante un couteau dans la gorge et tourne les yeux vers un corbeau, messager du Soleil.

Dans la tradition perse, le taureau est la première créature d'Ahura Mazda; son sacrifice est l'origine de la création (Cosmogonie) : de quelques parties de son corps naissent les plantes (sur un très grand nombre de bas-reliefs, sa queue est terminée par un bouquet d'épis); sa semence, purifiée par la Lune, donne la vie aux animaux

Tandis que le scorpion, consacré à Ahriman, essaye de contrarier l'effet du sacrifice et pique les testicules du taureau, le chien et le serpent, qui représentent la terre fécondée, boivent le sang de la blessure.Parfois apparaissent aussi un lion et une coupe.

Relevons au passage, que scorpion, taureau, chien et serpent sont des constellations, et notons aussi la ressemblance du mythe de Mithra avec celui d'Aristée, fils du Soleil. Dans Diodore(IV, 82, 1), il offre un sacrifice pour éloigner la peste de Céos; dans Virgile, il tue un taureau pour avoir des abeilles. (Pour une interprétation astronomique du mythe d'Aristée Robert Triomphe, Le Lion, la Vierge et le Miel, Les Belles Lettres, 1989).

 

L'image est encadrée de deux porteurs de torches, nommés Cautès et Cautopatès. La scène paraît située dans une espèce de grotte, qui peut être la représentation du mithræum lui-même ou selon d'autres interprétations figurer la représentation du cosmos

Mithra est un dieu si puissant qu'il est capable de transformer l'ordre même de l'Univers.

 

Mithra est un dieu créateur
 il sera le rédempteur à la fin des temps, après le sacrifice d'un nouveau taureau;
il ressuscitera les morts; c'est déjà lui qui les passe dans l'autre monde.
Est-ce à ce rôle de passeur, d'entremetteur, d'intermédiaire, de Logos qu'il a dû son épithète de mésitès 

Mithra

Le taureau serait le symbole de la constellation du Taureau.

Au début de l'astrologie, en Mésopotamie, entre 4000 et 2000 av. J.-C., le Soleil se situe au niveau du Taureau pendant l'équinoxe de printemps.

À cause de la précession des équinoxes, le Soleil se place durant l'équinoxe de printemps dans une constellation différente tous les 2160 ans à peu près, ainsi il passe dans le Bélier vers l'an 2000 av. J.-C., marquant la fin de l'ère astrologique du Taureau.
Le sacrifice du taureau par Mithra symbolise ce changement, causé, selon les croyants, par l'omniprésence de leur dieu.

D'où l'explication de la présence des animaux qui figurent sur les images de la tauroctonie : le chien, le serpent, le corbeau, le scorpion, le lion, la coupe

le taureau correspondent à la constellations du Petit Chien, de l'Hydre, du Corbeau, du Scorpion, du Lion, Verseau et Taureau, toutes placées dans l'équateur céleste pendant l'ère du Taureau.
L'hypothèse expliquerait aussi la profusion d'images zodiacales dans l'iconographie mithraïque.

La précession des équinoxes fut découverte et étudiée par l'astronome Hipparque au iie siècle av. J.-C.

Mithra

Une autre interprétation

considère que le sacrifice du taureau représente la libération de l'énergie de la Nature.

Le serpent, comme dans le symbole de l'Ouroboros, serait une allusion au cycle de la vie ; le chien représente l'Humanité, alimentant symboliquement le sacrifice, et le scorpion est le symbole de la victoire de la mort. Les deux compagnons de Mithra, qui portent les torches et qui s'appellent Cautès et Cautopatès représentent respectivement le lever et le coucher du soleil.
Pour les fidèles, le sacrifice du taureau a sans doute un caractère salutaire, et la participation aux mystères garantit l'immortalité.
La fin symbolique de Mithra se termine par un grand banquet où Apollon sur son char va emmener Mithra.

Il apporte aux hommes l'espoir d'une vie au-delà de la mort, puisqu'il est accueilli au ciel par Apollon.

Mithra

 

les autres dieux du cycle mithriaque.

C'est d'abord un dieu à tête de lion, symbole du feu, à quatre ailes, symbole des vents, autour duquel s'enroule un serpent, symbole de la terre.

Il porte deux clefs (claviger); à ses pieds est souvent représenté le cratère, symbole de l'eau. La foudre fait partie de ses nombreux attributs.

Il représente le temps illimité (Zrvan Akarana).

Il est le père d'Ahura Mazda, Zeus Oromasdès , Zeus ou le Ciel  que l'on retrouve dans les inscriptions latines sous les noms de caelus aeternus Jupiter ou Caelus.

Il est représenté quelquefois sur les monuments : il combat les Géants comme le Zeus grec ou le Marduk babylonien.

On trouve quelquefois Ahriman, Arimanius, identifié avec Hadès ou Pluton (bas-relief d'Osterburken).

Son épouse, Drufas, est devenue Perséphone ou Hécate.

On rencontre Poseidon ou Oceanus (Apanm-Napat), Héraclès ou Arès-Verethragna, qui dans le Mihir-Yasht (18, 70) est représenté comme un sanglier marchant devant Mithra;

Ana hita-Diana (bas-relief d'Osterburken), identifiée à la Magna Mater dont les mystères sont liés à ceux de Mithra en Occident;

Fortuna Tyche (Hvareno, la lumière, ou Ashi-Vañuhi); Nike (Vanaiñti-Uparatât, nommée dans l'Avesta avec Verethragua);

la triple Hécate (Firmicus Maternus, De errore profan. relig., 4); Hephaistos (Atar), etc.

Dans la grotte où Mithra sacrifie le taureau jaillit une source.

La source sacrée est l'un des objets du culte.

Naturelle ou artificielle, il doit y avoir dans le temple une fontaine; tout au moins, un cratère la remplace . Ils représentent dans le culte l'élément humide.

Souvent, à côté du cratère, on remarque un lion et un serpent : le lion symbolise le feu (Atar) et le serpent la terre.

Soit sous l'influence chaldéenne, soit par un processus naturel, le culte de Mithra était devenu sinon un culte stellaire, du moins un culte dans lequel intervenait un certain symbolisme astral. Les planètes étaient représentées ou rappelées dans les temples.

Les 12 signes du Zodiaque (monument de Heddernheim), les Dioscures, les Saisons (mon. de Heddernh.) font également partie de la suite de Mithra.

Les mythes étaient-ils devenus pour une partie des initiés des allégories astronomiques? Mithra y aurait figuré le Soleil, le taureau, la lune, le sacrifice, l'éclipse; Cautes et Cautopates, les deux dadophores assistants de Mithra seraient le soleil levant et le soleil couchant (l'un tient son flambeau levé, l'autre baissé).

La grotte où s'accomplit le sacrifice est l'image du monde .

A cette théologie s'était peut-être superposée une sorte d'astrologie, mais pas nécessairement à la façon chaldéenne.

Mithra

Corse : découverte d'un sanctuaire dédié au culte de Mithra

Vue aérienne du mithraeum, sanctuaire dédié à Mithra, découvert à Lucciana, en Haute-Corse. © Denis Gliksman / Inrap

Il s'agit d'une salle de culte bordée de deux longues banquettes, à l'extrémité de laquelle devait se dresser une sculpture de marbre représentant le dieu Mithra. Quelques fragments en ont été recueillis par les archéologues, laissant entendre que la scène devait illustrer la tauroctonie, une représentation religieuse rencontrée dans tous les mithraea (ou mithrées), montrant l'immolation d'un taureau par Mithra, le dieu né d'une pierre (la pietra genitrix) selon la mythologie.

C'est une première en Corse. Un mithraeum, sanctuaire " caverne " consacré à Mithra, divinité d'origine indo-iranienne, a été mis au jour à Lucciana (Haute-Corse). Ces restes d'une structure érigée autour de l'an 100 de notre ère, se trouvaient dans un quartier périphérique de l'antique colonie romaine de Mariana, une petite agglomération portuaire de la côte est de l'île. C'est à une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), emmenée par l'archéologue Philippe Chapon que revient cette exceptionnelle trouvaille. En effet, seule une dizaine de ces sites du culte mithraïque ont jusqu'alors été exhumés en France, en particulier dans la vallée du Rhône et dans l'Est, régions intégrées dans l'Antiquité aux provinces de Germanie. Depuis le mois de novembre 2016, les vestiges d'une antichambre et d'une grande nef centrale ont été dégagés à Lucciana.

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